les anciennes carrières de Madagascar (Souzy-la-Briche, Essonne) - septembre 2006

un peu d'histoire...

Le nom de Souzy-la-Briche vient de Celsiaco (Celsiacum = élevé, fier, noble - ou bien c'est le nom d'un empereur…

Les carrières de grès ont été ouvertes en 1875, et ont été en forte activité de 1881 à 1930. Leur exploitation a pris fin en 1942.
Il y a 60 millions d'années, Fontainebleau est au bord d'un golfe qui noie l'emplacement de Paris, et s'ouvre vers la Manche.
Il se forme un sable quartzeux très pur, auquel s'ajoutent du calcaire et de l'argile.
Il y a 32 millions d'années (c'est la fin de la période Stampienne - d'où le nom de Étampes), la mer se retire, les sables émergent et sont bientôt recouverts par un grand lac dans lequel se déposent les calcaires d'Étampes, puis de la Beauce. C'est l'époque des "Sables de Fontainebleau".

A la base, le grès est formé de silice, qui se cristallise pour devenir du quartz. Les bancs gréseux sont révélés grâce à l'érosion.

Dans la région qui nous intéresse, on trouve trace d'activité humaine à l'époque néolithique (4500 ans à 1800 ans avant notre ère). On a retrouvé plusieurs polissoirs dont un dans le Bois des Roches (polissoir = roche de grès au grain dur et fin qui servait à affuter les outils de silex).
Il est certain que le grès a été utilisé à l'époque Gallo-Romaine, pour paver les chaussées. Par la suite, il a été beaucoup utilisé dans la construction des châteaux, des églises, et des habitations. Les premiers pavés de Paris (Philippe Auguste, 1186) viennent de ces carrières. Celles-ci ont connu un essor considérable avec le développement de l'automobile.
A Souzy-la-Briche, la dalle de grès a une épaisseur de 3 à 5m. Elle peut être enfouie sous 7,50m de terre et de végétation.
La première exploitation date du 11/09/1875 (date de l'autorisation d'installer un dépôt de dynamite).
Pour exploiter les carrières, on recrute, outre la main d'œuvre locale peu nombreuse à cette époque, des bretons, et des italiens, quelques belges, un autrichien. Cela participe au développement de la population de la région, car ces gens s'installent à proximité de la carrière, et ne rentrent chez eux qu'en hiver, saison pendant laquelle ils trouvent un emploi de bucheron par exemple. L'exploitation à Souzy connaît son apogée au début du XXème siècle.
En 1921, on crée une Association des Carriers du Bassin de Paris.

Le nom de "Madagascar" rappelle le climat de cette île, et les conditions pénibles du travail. D'autres lieux ont été baptisés "Transvaal" ou "Cayenne', en référence à la pénibilité du travail.
Le pavage d'une chaussée de 1km de long sur 6m de large représente 210000 pavés. Sachant qu'un ouvrier produit 13000 pavés par an, ce travail nécessite 16 ouvriers pendant 1 an.
L'exploitation prend fin en 1942.
Le site est maintenant propriété privée, et l'ancien propriétaire a fait don de son domaine à la présidence de la république. Le château de La Briche date du XIXème siècle et n'est pas classé monument historique.

"Le domaine Souzy-La-Briche : c'est le lieu le plus confidentiel de la République. Le domaine a un statut particulier. Contrairement au Fort, Souzy-la-Briche n'est pas une résidence présidentielle mais un pied-à-terre privé du chef de l'Etat. Confidentialité oblige : aucune photo n'est disponible. Les seules informations officielles se trouvent sur le site de l'Elysée. Elles font état d'une "demeure construite sous la Restauration, pas un monument historique. Seule la chapelle, de style gothique, présente un intérêt particulier."

Le maire de la commune, Francis Jard, est l'un des rares à avoir pu pénétrer dans le domaine. Selon lui, la maison n'a rien d'extraordinaire mais il est impressionné par le parc de 300 hectares.

Valéry Giscard d'Estaing est le premier à s'y rendre. François Mitterrand, promeneur dans l'âme tombe tout de suite sous le charme du parc. Une discrétion qui lui permet de passer en toute tranquilité des week-ends en compagnie de sa fille Mazarine. Jacques Chirac lui, ne met pratiquement pas les pieds à Souzy. Mais il confie souvent les clés de la propriété à sa fille Claude, qui s'y rend en compagnie de son fils, Martin."